France Libre

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La Belgique porte plainte contre la puissante économie allemande!

Deux ministres ont osé. Ils portent plainte auprès de la Commission européenne contre la géante Allemagne pour concurrence déloyale! Le point sur l’avantage salarial allemand qui assure sa compétitivité et son succès.

Ce mardi matin, nous apprenions que deux ministres du gouvernement belge, le ministre de l’Economie Johan Vande Lanotte et la ministre de l’Emploi Monica De Coninck avaient décidé de porter plainte devant la Commission européenne contre l’Allemagne afin de faire cesser la concurrence jugée déloyale qu’elle exerce vis-à-vis de ses voisins. La première puissance économique européenne est accusée de faire travailler des gens venus d’Europe de l’Est à des salaires beaucoup plus bas que ceux pratiqués dans d’autres pays européens comme le nôtre. Conséquence: certaines de nos entreprises ne font pas le poids et sont obligées de se restructurer ou de délocaliser en Allemagne ou, pire, de fermer.

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Les dirigeants européens souhaitent-ils vraiment une baisse du chômage en zone euro ?

Le dernier conseil européen a encore prouvé vendredi son peu d’entrain à entamer une vraie politique de lutte contre le chômage. Une position cohérente avec la stratégie suivie depuis 2010.

C’était un des buts du conseil européen qui s’est achevé vendredi dernier : se pencher sur le chômage. Depuis quelques semaines, la chancelière allemande Angela Merkel ne manque aucune occasion de faire part de son inquiétude concernant le chômage des jeunes en Europe. Rien d’étonnant alors à ce que le conseil ait, dans ses conclusions,  indiqué vouloir faire de l’emploi une « priorité spéciale » et du chômage des jeunes une « priorité particulière. » Mais, concrètement, les chefs d’Etat et de gouvernement se sont bien gardés d’agir.

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Olivier Delamarche 12 mars 2013



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Une classe d’intellectuels, qui s’emploient à tout foutre en l’air

Schumpeter, au début des années 20 était dans un café à Vienne avec un ami; entre Max Weber, le grand, l’immense sociologue, et tous les trois de commencer à discuter sur ce qui se passait à ce moment la en Russie, avec la prise de pouvoir par les communistes. Schumpeter, très calmement annonce que l’expérience va échouer et qu’elle sera a l’origine de dizaines voir de centaines de million de morts d’abord en Russie, et ensuite dans le monde entier. Plus Schumpeter développe ses arguments, plus Max Weber devient agité et plus il se met à hurler qu’il est absolument intolérable de prévoir de telles horreurs et de ne rien faire pour les empêcher. Le ton continue à  monter au point que Schumpeter se croit obligé de reprendre son manteau pour sortir. Une fois dehors, son ami (qui a rapporte cette  altercation) demande a Schumpeter ce qu’il pensait de cette discussion.

Très calme, notre héros lui dit :  »Je ne comprends pas comment un homme aussi bien élevé peut crier aussi fort dans un café. »    

Il y a dans cette anecdote tout ce que j’aime chez Schumpeter.

    Une capacité incroyable à analyser une situation et à en tirer une conclusion logique sans que ses préférences personnelles influent en quoi que ce soit sur son analyse. Von Mises ou Hayek auront aussi cette capacité, mais il sera toujours possible de leur opposer que leurs conclusions sont douteuses parce qu’entachées par leurs préférences politiques personnelles. Pas Schumpeter. Il analyse froidement la situation, et en tire les conclusions qui lui semblent s’imposer tout en faisant abstraction de tout à priori normatif. C’est ce qu’il appelait avoir l’esprit « scientifique ».
    Il avait un humour incroyable que seuls Bastiat, Milton Friedman  ou Keynes ont approché, tant il est vrai que la plupart des économistes sont d’un ennui foudroyant. Il disait qu’il avait trois buts dans la vie, être le meilleur économiste de tous les temps, mais aussi le meilleur amant et le meilleur cavalier. Ensuite, il ajoutait « et pour ce qui est des chevaux, j’ai encore des progrès à faire  »
    Il parlait toutes les langues, était d’une culture incroyable (voir son histoire des idées économiques) et il est mort en lisant les tragédies d’Eschyle dans le texte en Grec ancien.  Il était aussi a l’aise en sociologie (son analyse de la sociologie de Karl Marx est un classique) qu’en économie ou en économétrie…Bref, un géant de la pensée, un vrai.

Son  grand livre s’intitule » Capitalisme, Socialisme et Démocratie » et c’est dans ce livre qu’il introduit la notion de « création destructrice » qui seule permet la croissance économique, mais ce grand livre est incroyablement pessimiste.

Sa thèse, grossièrement résumée est la suivante.

Le capitalisme permet la croissance économique et une hausse du niveau de vie de tout un chacun et il est le seul à les permettre.

Cette hausse du niveau de vie va permettre à la population entière d’être éduquée

Ce besoin d’éducation va créer une classe d’intellectuels qui ne pourront pas ne pas haïr de toutes leurs forces la création destructrice tant ils voudront être les seuls a y échapper (si on avait demandé aux dinosaures si le Darwinisme était une bonne idée, nul doute qu’ils auraient répondu par la négative).

Cette classe intellectuelle allait certainement prendre le contrôle du système démocratique par le vote, et son seul et unique but serait d’empêcher la création destructrice d’avoir lieu, ce qui tuerait toute croissance et amènerait à de plus en plus d’interventions de la part du pouvoir politique et donc à une chute encore plus forte de la croissance, la fin ultime étant un corporatisme protectionniste et la stagnation économique au mieux, un écroulement du système démocratique, au pire.

Schumpeter se hâtait d’ajouter que ce n’était pas ce qu’il souhaitait, mais ce qui lui semblait inévitable…On voit à quel point cette analyse est différente de celle de Milton Friedman, pour qui capitalisme et démocratie étaient l’envers et l’endroit de la même pièce de monnaie. J’ai longtemps cru que Milton avait raison et que Schumpeter avait tort.

Les événements actuels m’amènent à penser qu’il n’avait peut être pas si tort que ca…Partout de pseudo intellectuels ont pris le pouvoir (Obama, Holland, Monti, la commission Européenne),  et ils n’ont comme point commun que leur détestation du capitalisme et de la création destructrice.

Partout les prix de marché qui seuls permettent des décisions rationnelles sont supprimés (Euro, taux d’intérêts) ou manipulés (Taux de change, salaire minimum, privilèges de la fonction publiques, capitalisme de connivence,etc…).Partout ou les intellectuels ont pris le pouvoir, partout les entrepreneurs sont vilipendés et taxés a mortJamais l’écart entre ces élites éduquées et le peuple n’a été aussi immense, jamais les procédures électorales n’ont été autant manipulées pour que cette caste des « cognoscenti » reste au pouvoir envers et contre tout. Entre Berlusconi qui manipule l’électorat avec son réseau de télévisions et de journaux et les technocrates français au pouvoir depuis longtemps grâce au contrôle qu’ils ont du monde de la culture et de l’éducation nationale, je ne vois pas bien la différence.Pour éviter de tomber dans un pessimisme Schumpetérien et garder mon optimisme Friedmanien,  je  peux peut être faire l’analyse suivante.

Il existe des pays  où nous n’avions ni liberté économique ni Démocratie. Apres la chute du mur de Berlin, les autorités dans ces pays ont DU donner à leurs peuples la liberté économique et donc permettre à la destruction créatrice d’avoir lieu. La croissance a suiviCette croissance amènera  à terme à la Démocratie (thèse de Friedman), qui après quelques décennies sera capturée par nos incompétents sur diplômés (thèse de Schumpeter).

Peut être après tout le cycle long est-il:

-Capitalisme
-Hausse du niveau de vie
-Apparition d’une classe d’intellectuels, qui s’emploient à tout foutre en l’air, avec tout le succès que l’on voit en France en ce  moment.
-Stagnation
-Révolution ou Reforme
-Baisse du niveau de vie
-Dictature
-Retour à la case départ?

Ce qui voudrait dire que en ce qui concerne le placement des capitaux, il faudrait être aujourd’hui en Asie ou en Amérique Latine, surveiller les USA et la Grande Bretagne dans l’espoir d’un sursaut et rester en Suède ou au Canada qui sont déjà passés par la case Révolution ou Réforme

Mais Dieu que l’Euroland est mal partie si cette analyse est juste…          

 Charles Gave



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Debtocracie » dixit « LA GOUVERNANCE PAR LA DETTE » évoque les causes et les solutions prônées par la classe politique pour faire face à la dette. Une mise à plat des solutions et des analyses alternatives pour régler le problème systémique de l’endettement, principale cause des mobilisations de ces dernières semaines – comme de celles à venir…

A l’heure où les grecs et les espagnols se révoltent contre l’austérité, les français sont priés de soutenir le visage gras du FMI qui est l’instrument de cette « cure d’amaigrissement » drastique imposée aux nations. L’arme de la dette, et son corollaire l’austérité, sont illustrés et analysés dans ce documentaire grec sur les ravages des politiques mondialistes tout en évoquant les alternatives.

Documentaire de 75 minutes sous titré en Français, espagnol et anglais ( Pensez à activer les sous titres)



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Un parti des adversaires de l’euro créé en Allemagne

Le parti Alternative für Deutschland (AfD) (Alternatives pour l’Allemagne) a été créé en Allemagne. Le point principal de ce parti est la sortie de la zone euro. Le congrès fondateur du parti aura lieu cette semaine.

Les fondateurs du parti sont mécontents par le fait qu’aucune force politique présente au Bundestag ne remet en question la nécessité de la présence de l’Allemagne au sein de la zone euro. Les membres du nouveau parti sont contrariés par le fait que le pays dépense des dizaines de milliards pour le soutien des économies de l’Europe du Sud.

Selon les sociologues, le programme du parti Alternatives pour l’Allemagne a des chances d’obtenir le soutien de la part des Allemands, dont un quart seraient prêts à revenir au mark allemand.



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Quand l’europe sauve ses banques, qui paye ?

50 milliards d’euros en Grèce, 70 milliards en Irlande, 40 milliards en Espagne : au sein de la zone euro, les États se sont vus contraint les uns après les autres - moyennant des sommes astronomiques - de venir en aide aux banques pour compenser les pertes subies suite à des prêts pourris. Mais qui sont les bénéficiaires de telles opérations ?
C’est en posant cette question très simple qu’Harald Schumann, essayiste en économie et brillant journaliste, sillonne l’Europe.

Et obtient des réponses pour le moins sidérantes.

Car ceux qui ont été “sauvés” ne se trouvent pas - comme on tend à vouloir nous le faire croire - dans les pays en détresse, mais surtout en Allemagne et en France. En effet, une part importante des sommes débloquées finit dans les caisses des créanciers de ces banques sauvées.

Quant aux financiers qui ont fait de mauvais investissements, ils se retrouvent protégés contre toute perte aux frais de la collectivité. Et ce contrairement aux règles de l’économie de marché. Pourquoi ? Qui encaisse l’argent ?

Une Video de 52 minutes ici



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Un coup de massue de 9 milliards d’euros pour les Mougeons

Au cours des trois prochaines années, l’Etat risque de devoir honorer une ardoise astronomique de 8 à 9 milliards d’euros” pour n’avoir pas respecté diverses législations européennes, selon des calculs effectués par le quotidien.

Vingt contentieux fiscaux opposent Paris à Bruxelles à propos des aides versées par l’Etat français sans que Bruxelles en soit informé.

Le quotidien cite l’exemple des “plans de campagne”, des subventions accordées aux agriculteurs français et jugées illégales par la Commission européenne. Les producteurs de fruits et légumes vont devoir rembourser 300 millions des aides versées il y a 10 ou 20 ans.



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Islande: spirale positive. Tous les voyants sont au vert

 La nouvelle était confirmée dès janvier 2013 et les chiffres officiels publiés au moi de mars l’ont confirmé. L’Islande, ce petit pays au fond du trou après la débâcle de la crise financière de 2008, s’est sorti d’affaire vite et bien comme une grande. Elle s’est fort bien passée de la technostructure de l’UE, cette “solidarité” européenne qui devait protéger les pays membres, ses entreprises et ses peuples contre vents et marrées, rappelez-vous…..

Dans sa chronique consacrée à l’Islande, le journaliste économque François Lenglet, rédacteur en Chef à France 2 et invité régulier des plateaux des grands médias, s’est laissé aller à un aveux de vérité inattendue : ” l’Islande a récusé sa dette et incontestablement ça a été l’un des éléments qui a permis la reconstruction du pays. Ce n’est pas le seul d’ailleurs, on a nationalisé les banques, on a aussi poursuivi les banquiers sur le plan pénal. C’est l’un des rares pays qui l’ a fait. Non seulement les banquiers mais aussi les responsables politiques qui étaient au pouvoir à l’époque de la crise.” ” Il y a aussi un autre facteur qui a considérablement aidé l’Islande, c’est la dévaluation de sa monnaie. Elle a dévalué de 50%, ça a rétabli la compétitivité de façon quasi instantanée.” Mais bon, point trop il faut en faire et le ton alarmiste rattrape monsieur Lenglet. L’Objectif serait-il de faire peur et de réfréner toute volonté de changement ? L’éthique journalistique à ses limites que la raison ignore…En tout cas L’Islande a toujours un indice de développement humain élevé, un des tout premier de la planète.

Oui, le niveau de vie des islandais serait toujours très bon, et c’est un journal de référence qui le dit. Dans la rubrique Europe, le journal Le Monde du 15 janvier 2013 expliquait déjà notamment, que l’Islande susupendait ses négociations adhésion à l’UE car “au fil des mois, les indicateurs économiques de l’île sont progressivement revenus au vert. Le taux de chômage en novembre est retombé à 4,4 % de la population, contre plus de 8 % en 2009 et 2010, et le pouvoir d’achat moyen se rapproche de son niveau de 2008. Des données qui ont transformé la voisine européenne, empêtrée dans la crise de la zone euro, en « une promesse bien moins alléchante ».

Voilà des aveux éditorialistes confortés par les dernier statistiques économiques en provenance deReykjavik. Tous les voyants sont au vert et rien ne semble venir contrarier cette spirale positive.



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La fin de la monnaie unique ne serait pas une catastrophe

 Le calme des marchés offre un répit aux partisans de la monnaie unique. Mais il est illusoire car cette construction monétaire, aussi artificielle que bancale, finira par être démontée. Une issue qu’il ne faut pas craindre, car elle est plus simple qu’on ne le croit.

La monnaie unique ne peut pas marcher

Pourquoi démonter la monnaie unique ? Non seulement parce qu’elle ne fonctionne pas, mais surtout, parce qu’elle ne pourra jamais fonctionner, quelles que soient les réformes qui pourront être entreprises. Tout ceci s’appuie sur les travaux de nombreux économistes, dont pas moins de 5 « prix Nobel d’économie », de tous les horizons idéologiques, Maurice Allais, Milton Friedmann, Amartya Sen, Paul Krugman et Joseph Stiglitz qui ont tous dénoncé les limites de l’euro.

Beaucoup d’économistes soutiennent son démontage : JL Gréau, J Sapir, JP Gérard, G Lafay, A Cotta, JJ Rosa, H Juvin, F Aftalion, F Lordon, M el Hattab, N Roubini, E Todd, JC Werrenbrouck, P Murer , A-J Holbecq ou J Nikonoff et d’autres sont critiques : P Artus, M Aglietta, C Saint Etienne. La raison : la zone euro n’est pas une Zone Monétaire Optimale, un ensemble suffisamment semblable pour partager la même monnaie, du fait de l’absence de mobilité des travailleurs, de budget fédéral et de structures économiques homogènes, contrairement aux Etats-Unis, où sont vérifiées les trois conditions.

Et ce n’est pas un passage au fédéralisme à marche forcée qui corrigera quoique ce soit. La mobilité des travailleurs ne se décrète pas car les différences de langue et de culture sont un puissant obstacle. En outre, l’Allemagne ne voudra (logiquement) jamais payer le prix pour un budget fédéral (qui impliquerait un transfert de 3 à 8% de son PIB tous les ans). Pire, comme l’a expliqué Paul Krugman dans son dernier livre, c’est le mécanisme même d’intégration qui est facteur de crise car appliquer la même politique à des pays trop différents accentue les problèmes au lieu de les résoudre.

La France, qui a 70 milliards de déficit commercial, ne peut pas partager sa monnaie avec l’Allemagne, qui a 150 milliards d’excédent. L’euro est à la fois trop cher pour Paris et pas assez pour Berlin, accentuant les déséquilibres. En outre, la monnaie unique pousse à une course au moins-disant social, d’autant plus que les salaires minimums varient de 1 à 5… Enfin, selon JJ Rosa, « la politique monétaire unique freine les économies en récession et stimule les économies en surchauffe ». Bref, nos pays sont trop différents pour partager une même monnaie. Pour prendre une image triviale, adopter l’euro, cela revient à imposer un 40 à des personnes dont les pointures varient du 36 au 45.

La fin de la monnaie unique ne serait pas une catastrophe

Les remèdes fédéraux ne résoudraient rien puisqu’ils reviennent seulement à financer les déficits des uns par les excédents des autres (qui l’acceptent de moins en moins) sans permettre aux premiers de relancer leur économie, comme on le voit en Grèce. Pourtant, les sondages indiquent que plus de 6 Français sur 10 regrettent le passage à la monnaie unique mais qu’un tiers seulement souhaite son démontage. En bref, la fin de la monnaie unique fait encore peur.

C’est la meilleure ligne de défense maintenant que le mythe de l’euro protecteur est tombé. La seule chose qui reste à ses défenseurs est de dire que ce serait pire si on démontait la monnaie unique. Mais ceci est totalement faux comme le démontre l’économiste Jonathan Tepper sur la base d’une centaine d’unions monétaires qui ont pris fin au 20ème siècle (Autriche-Hongrie, Inde et Pakistan, Tchécoslovaquie, URSS… etc) et qui ont eu « un impact économique négatif limité ».

Pour lui « la sortie est l’outil le plus puissant pour rééquilibrer l’Europe et créer de la croissance ». Ses travaux sont confirmés par le professeur de Berkley, Andrew Rose qui affirme que « le plus frappant, c’est qu’il y a remarquablement peu de mouvements économiques au moment de la dissolution d’une union monétaire », et deux professeurs de Princeton, Peter Garber et Michael Spencer pour qui « la plupart des sorties d’une union monétaire n’ont provoqué qu’une faible volatilité économique, leurs dissolutions sont fréquentes et elles peuvent être réalisées rapidement ».

Le démontage de l’euro en pratique

L’histoire nous fournit le mode d’emploi pour démonter l’euro. Mieux, dans le cas de la zone euro, cela serait beaucoup plus facile puisque nos pays avaient précédemment des monnaies nationales et ont gardé une banque centrale. Pratiquement, un nouveau franc doit être égal à un euro pour faciliter la transition dans la vie de tous les jours et minimiser les changements. Une courte vacance bancaire permet de mettre les systèmes informatiques à jour. Les billets en euros sont tamponnés d’une contre-valeur en nouveaux francs avant l’introduction de nouveaux billets.

Naturellement, il faut introduire un contrôle des changes pour éviter la fuite des capitaux. Il y a un relatif consensus de la part des économistes sur les scénarii d’évolution des parités monétaires après le démontage de l’euro. Les scénarios d’ING, Nomura et Natixis sont très proches des estimations du groupe qui a publié un appel à démonter l’euro en décembre 2011. Le franc resterait stable par rapport à l’euro car le mark s’apprécierait de 15 à 20% quand la lire et la peseta se déprécieraient d’un même montant. Le démontage de l’euro serait donc plus simple en France.

Les dettes de droit français seraient converties, et rien ne changerait pour les emprunts et l’épargne des ménages. En revanche, le prix des produits importés d’Allemagne, des Etats-Unis ou d’Asie augmenterait d’environ 20%, ce qui reviendrait, au maximum, à un regain d’inflation de 2% sur deux ans. En contrepartie, nos industriels gagneraient en compétitivité, et vendraient davantage. L’Etat devrait prendre des mesures d’accompagnement, facilitées par la reprise de contrôle de la banque centrale, en monétisant une partie de notre dette, comme le font beaucoup d’autres pays.

L’alternative de la monnaie commune

Contrairement à ce que les ayatollahs de l’euro disent, renoncer à la monnaie unique n’est en aucun cas la fin de l’aventure européenne. La Suède et le Danemark sont dans l’UE sans avoir l’euro, et s’en portent bien mieux d’ailleurs. En fait la monnaie unique aurait tout intérêt à être transformée en monnaie commune, qui existerait en plus des nouvelles monnaies nationales. Elle pourrait être une monnaie de réserve pour nos banques mais aussi une monnaie d’échange commercial.

Ce faisant, l’Europe garderait les avantages de l’euro en en supprimant les inconvénients, à savoir imposer une politique unique à des pays bien trop différents pour cela. Nous pourrions reconstruire un Système Monétaire Européen où les parités monétaires nationales seraient réévaluées régulièrement en fonction des résultats économiques de chaque pays. Et comme le soutient Jonathan Tepper : « les inconvénients de la dévaluation sont brefs et une croissance rapide suivrait ».

Mieux, cette nouvelle organisation monétaire européenne pourrait être la première étape vers la constitution d’une Zone Européenne Financière pour remettre la finance au service de la collectivité et mettre fin à cette spéculation délétère. Et cette coopération pourrait ensuite être étendue aux pays qui souhaitent mettre fin au système monétaire actuel et à la place privilégiée du dollar afin de construire un système plus équilibré et respectueux des particularismes nationaux.

Vouloir démonter la monnaie unique n’est pas une revendication nationaliste, mais une proposition qui repose sur l’histoire et l’analyse de nombreux économistes. Non seulement elle est nécessaire, mais elle est relativement facile à mettre en œuvre et elle est une condition nécessaire au retour de la croissance.

Laurent Pinsolle